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Visite de notre directrice générale en Haïti

Calmer la faim ne suffit pas, il faut aussi remédier aux causes profondes de la malnutrition.

Lorsque je suis allée visiter notre projet en Haïti, en décembre dernier, la route menant aux communautés où nous œuvrons était interminable : sept heures pour parcourir 180 km sur une piste dangereuse et inconfortable !

De part et d’autre de cette route, qui est la seule à monter vers le Nord-Ouest du pays, je pouvais observer de modestes maisons accrochées à de petits lopins de terre, qui permettent tout juste de récolter quelques légumes destinés à être vendus au marché local. Catastrophe naturelle après catastrophe naturelle, les terres, déjà épuisées par la monoculture, offrent un rendement qui ne permet de survivre plus que de vivre.

Ainsi souvent, les mères n’ont que les aliments cultivés dans la région à offrir à leurs enfants pour calmer la faim qui ronge leur estomac. Les vivres (banane plantain, igname, manioc, patate douce) et des haricots selon la saison sont en quantité insuffisante pour répondre aux besoins caloriques d’un enfant en croissance. Et oubliez les micronutriments fournis par les fruits et les légumes, car ces derniers sont bien souvent vendus au marché pour subvenir aux besoins financiers de la famille.

À l’heure actuelle, 1 enfant de moins de 5 ans sur 10 souffre de malnutrition chronique en Haïti.

À court terme, cela se traduit par une mortalité infantile, des déficits immunitaires et une plus grande vulnérabilité aux infections. À long terme, la malnutrition peut engendrer un déficit de croissance, un déficit de développement cognitif, un retard et des difficultés scolaires, sans compter une plus grande vulnérabilité à divers problèmes de santé à l’âge adulte, notamment pour les femmes lors de l’accouchement, quand leur bassin est trop petit.

Mais la conséquence la plus insidieuse, celle dont on parle peu, c’est que ces enfants seront de constitution plus faible, ce qui nuira, à l’âge adulte, à leurs capacités de travail et, par conséquent, à la productivité de la communauté dans son ensemble.

Voilà pourquoi nous avons décidé d’agir avec les autorités sanitaires locales afin de mettre en place des solutions adaptées pour remédier aux causes profondes de la malnutrition :

  • Faire la promotion de l’allaitement maternel, pour que les mères redécouvrent cette façon naturelle, plus sécuritaire et plus nutritive d’alimenter leur bébé lorsque possible ;
  • Sensibiliser la population aux besoins nutritionnels des enfants ;
  • Former les médecins et infirmières au traitement de la malnutrition sévère et modérée ;
  • Offrir les compléments nutritionnels nécessaires au traitement des enfants.

De plus, nous soutenons et formons des agents de santé issus de la communauté afin qu’ils puissent reconnaître les signes de la malnutrition modérée et sévère, et référer les mères aux bonnes ressources, le cas échéant.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que tous les enfants haïtiens aient la chance de se développer et d’atteindre leur plein potentiel. Mais grâce à l’appui de nos donatrices et donateurs, nous continuons d’avancer, et la route est de plus en plus claire.

Grâce à un partenariat entre Médecins du Monde et le gouvernement du Canada, qui s’est engagé à financer le projet à condition qu’une contrepartie provienne des dons du public, votre contribution financière pourrait valoir 10 fois plus sur le terrain.

 

Merci de votre soutien,

Nadja Pollaert,
Directrice Générale de Médecins du Monde Canada

Publié le 20/02/2018

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