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Colombie

52 ans de conflit armé

jusqu’à l’accord de paix signé en 2016 entre les FARC et le gouvernement colombien

Environ 1,7 million

de migrant·e·s vénézuélien·ne·s, dont 56% ont un statut migratoire précaire

2e pays

le plus touché par la COVID-19 en Amérique du Sud

La situation

Au cours des 60 dernières années, la Colombie a été confrontée à une guerre civile qui a causé près de 7 millions de personnes déplacées, 40 000 disparus, et plus de 260 000 morts, dont 84% étaient des civils. En 2016, après 52 ans de conflit, les FARC ont signé un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement colombien, marquant la fin de la guerre civile. Néanmoins, certains autres groupes de guérilla ont poursuivi la lutte, prolongeant ainsi le conflit vers une guerre asymétrique de faible intensité qui continue encore de nos jours.

Le conflit a eu un impact désastreux sur la capacité du pays à fournir des soins de santé à l’ensemble de sa population. Le système de santé colombien, caractérisé par des inégalités importantes en fonction de l’assurance de la personne et de sa capacité de payer, ne suffit pas à répondre à la demande des soins de santé sur tout le territoire. De plus, la Colombie accueille plus de 2 millions de migrant·e·s vénézuélien·ne·s qui ont quitté leur pays en raison d’une crise politique et socio-économique. Ceci étant dit, ces migrants vénézuélien.ne.s vivent toutefois dans des conditions sanitaires précaires.

 

La population migrante vénézuélienne

Depuis 2015, le Venezuela traverse une crise sans précédent qui a provoqué l’effondrement de l’appareil politique et économique du pays, ainsi que la fracture de son tissu social. La situation dans son ensemble a provoqué un exode considéré comme le plus important de l’histoire récente en Amérique latine et dans les Caraïbes. Depuis 2015, 4,3 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays, soit 1 personne sur 7.

Selon les estimations, 1,7 million de Vénézuélien·ne·s vivent actuellement en Colombie dont la majorité sans statut d’immigration régulier. Cela signifie que la plupart d’entre eux vivent dans des conditions de vulnérabilité économique et sociale et que le flou juridique autour de leur statut ne leur permet pas un accès au système de santé, incluant les services de base. Seulement 15% des migrant·e·s vénézuélien·ne·s peuvent avoir accès à des soins de base, tels que des soins de santé, des services sociaux ou éducatifs. Incapables de répondre à leurs besoins primaires, les migrant·e·s vénézuélien·ne·s sont exposé·e·s à des formes de violence et des problèmes de santé. Les femmes et les adolescentes sont confrontées à de nombreuses difficultés en matière de santé et droits sexuels et reproductifs, et beaucoup d’entre elles sont

fortement exposées au risque de violences basées sur le genre, à l’exploitation sexuelle et à la consommation de substances psychoactives.

Les communautés hôtes

Malgré l’accord de paix, la situation est toujours instable. Les communautés continuent de réclamer la protection de leurs membres face aux menaces des différents groupes armés et de la délinquance ordinaire. De plus, les communautés revendiquent leur droit aux services de base, et plus précisément quant à leur droit aux services de santé. Les difficultés rencontrées par le gouvernement pour contrôler les territoires anciennement sous tutelle des FARC ont mené à des luttes de territoires par d’autres groupes armés. On estime que cela prendra au moins 20 ans avant l’établissement d’un réel respect des droits et une amélioration des conditions de vie pour les familles qui vivent dans les zones de conflit armé.

 

COVID-19

Depuis le début d la pandémie et jusqu’en février 2021, plus de 2,2 millions de cas de COVID-19 ont été confirmés en Colombie. Afin de lutter contre le virus, 61,5 millions de doses du vaccin ont été acquises par le biais de mécanismes bilatéraux et multilatéraux, dont 20 millions ont été financés par le programme COVAX. Le pays a adopté un plan de vaccination qui a débuté le 20 février en donnant la priorité au personnel soignant et aux personnes âgées.

Dans le contexte de la pandémie du COVID-19, la population migrante vénézuélienne est particulièrement vulnérable en raison de sa forte présence dans le secteur des services, où elle subit en plus des situations d’abus, d’exploitation et de discrimination. La vaccination des 1,7 million de personnes à statut migratoire implicite est encore incertaine.

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Notre action

Médecins du Monde est partenaire de plusieurs organisations de la société civile qui agissent en faveur d’un plus grand respect des droits humains et de l’accès à la santé en Colombie notamment :

• Salud al Derecho : un organisme qui regroupe des acteurs médicaux et des universitaires pour promouvoir le droit et l’accès à la santé pour tous. Depuis les accords de paix et le début de la crise vénézuélienne, Médecins du Monde a réorienté ses activités vers les zones migratoires pour couvrir les besoins des populations migrantes vénézuéliennes et des communautés hôtes dans le département de Nariño et la région de Bogota. Ces axes sont des points de flux migratoire clés et la couverture des services de base y est très faible. Avec des besoins méritants une réponse d’urgence, la COVID-19 est venue ajouter un poids supplémentaire sur les épaules des populations déjà extrêmement vulnérables, plus particulièrement les femmes et les adolescentes. Cet enjeu s’est additionné à la réponse proposée par Médecins du Monde. Ainsi, les activités coordonnées avec les organisations de la société civile et les départements de santé des régions concernées visent à soutenir plus de 270 000 personnes à travers :

• Le renforcement de l’accès aux services adaptés au genre

• Le renforcement des services d’accompagnement légal et de protection

• La sensibilisation de la population sur l’égalité des genres, les services de santé sexuelle et reproductive et la violence basée sur le genre

• Des campagnes de sensibilisation pour prévenir le risque de contagion de la COVID-19

Zones d’intervention: Département de Nariño et région de Bogotá (Soacha)

Notre impact

En 2019-2020:
    • 345 
      personnes ciblées pour des soins psychosociaux et un accompagnement afin de faire respecter leurs droits (conseils juridiques et accompagnement psychosocial), 1317 personnes sur un an

    • 2290 
      personnes ont reçu une consultation SSR, notamment les femmes, qui ont bénéficié de moyens de contraception

    • 5000
      personnes reçues en consultation en soins de santé primaires, pour un total de 6170 consultations réalisées

    • 5420
      migrants vénézuéliens ont été aidé et orienté par 13 pairs communautaires vers les services de santé, d’accompagnement juridiques, prises en charges VBG, etc.
    • 559
      consultations juridiques réalisées avec notre partenaire Salud al derecho sur des questions de santé

 

Nos partenaires

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Historique

1987

Médecins du Monde commence à travailler avec les indiens Apaporis.

1994

Début d’un programme avec les enfants des rues. Fermeture en 2000.

1997

Intervention dans le département du Chocó affecté par le conflit armé. Fermeture en 2011.

2003

Fin du programme auprès des indiens, intervention dans le département du Meta affecté par le conflit armé.

2010

Début de l’intervention dans le Nariño.

2016

Accord de paix avec les FARC et début de l'adaptation des actions.

2018

Lancement des activités de Réponse Rapide aux violences post-accords de paix.

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