Isabelle Brault – bénévole au triage de la Clinique destinée aux personnes migrantes à statut précaire

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Quelle sorte de bénévolat faites-vous à Médecins du Monde Canada ?

Je fais du bénévolat au triage de la Clinique destinée aux personnes migrantes à statut précaire. Concrètement, j’essaie d’identifier les besoins premiers et la situation des patients, afin de faciliter et d’aiguiller le travail de la travailleuse sociale et de l’infirmière qu’ils vont voir par la suite. Cela me permet de créer un lien de confiance avec les personnes qui viennent : même si on a peu de temps, il faut créer ce lien et délester un minimum les personnes d’un fardeau parfois très lourd à porter. Avoir accès aux patients dans une relation intime, qui se construit très vite, c’est ça qui me motive ! En tant qu’accompagnante à la naissance, je suis particulièrement sensible à la situation des femmes enceintes qui viennent nous voir – la stigmatisation, la méfiance et le non-respect que les patientes peuvent rencontrer me révoltent.

Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur dans votre bénévolat ?

Quand on fait du triage, on s’assure aussi que les personnes qui ne peuvent pas bénéficier de nos services puissent être référées au service approprié. C’est important, car souvent ces personnes se font renvoyer d’un endroit à un autre ; elles ont besoin d’être rassurées et de trouver le bon service pour elles. Et c’est important pour mon futur travail en tant que travailleuse sociale : j’apprends à connaître les ressources par la même occasion.

Je sens que j’ai ma place en tant que bénévole, je me sens chez nous quand je viens. L’accueil a été super chaleureux et c’est important aussi de cultiver ce sentiment d’appartenance quand on est bénévole. Je sens qu’on me fait confiance et on me demande mon opinion, parce que ce que j’ai à dire peut aider et faire changer des choses.

Depuis quand faites-vous du bénévolat pour Médecins du Monde Canada ?

J’ai commencé mon bénévolat chez Médecins du Monde en 2016. J’avais rencontré Véronique Houle, la directrice des opérations nationales, au Symposium de pédiatrie sociale en communauté organisé par la Fondation du Dr Julien. Parler avec elle m’avait ouvert les yeux sur le fait qu’on puisse aussi mener des opérations nationales et agir sur nos populations ici, à Montréal même.

Quel est votre emploi ?

Je suis accompagnante à la naissance de formation, et en ce moment, je prépare un baccalauréat en travail social à l’UQAM. J’en suis à ma première année. J’ai également longtemps travaillé en coopération internationale – aspect que couvre aussi Médecins du Monde, en fin de compte, avec tous les projets qui sont exécutés dans le monde.

Pourquoi avoir choisi de vous engager auprès de Médecins du Monde ?

J’adhère entièrement aux valeurs et à la mission de Médecins du Monde et surtout, nous touchons à une population très vulnérable et difficile à rejoindre. J’ai l’impression d’apporter ma petite goutte d’eau. L’aide qui est apportée à ces populations est importante. Le plaidoyer, la défense des droits sur m’attirent. Il est inacceptable que des enfants nés ici n’aient pas accès à la RAMQ. En tant que future travailleuse sociale, je lie mon bénévolat à mes études, ça concrétise le tout. Quand je viens faire du triage chez MdM, je vois dans la pratique ce qui se passe avec les patients ; cela me confirme ce que je veux faire plus tard, après mes études.