Appel mondial de la société civile aux états membres de l’ONU

Après plus de 5 ans de guerre et plusieurs mois de siège, les habitants de la ville d’ Alep, en Syrie, ont été plongé dans un enfer encore plus noir en ce mois de Décembre. Médecins du Monde dénonce, une nouvelle fois, les violations continues du droit international humanitaire qui se déroulent dans l’indifférence en Syrie et réitère son appel pour une protection des personnes civiles, du personnel médical et des travailleurs humanitaires.

223 organisations de la société civile de 45 pays sur 5 continents – dont Médecins du Monde – s’unissent pour porter un message commun solennel aux Etats membres de l’ONU. 65 organisations syriennes sont parmi les signataires. Face à la catastrophe humanitaire à Alep, l’ONU à « s’unir pour la paix » en Syrie. 

Le Conseil de Sécurité a abandonné les Syriens. Depuis bientôt six ans de conflit, près d’un demi-million de personnes ont été tuées et 11 millions ont été déplacés de force sur le territoire. Plus récemment, la Russie, le régime et leurs alliés ont mené des attaques illégales sur Alep-Est, se souciant peu des quelques 250 000 civils piégés sur place. Les groupes armés d’opposition ont pour leur part continué de tirer des obus de mortier et d’autres projectiles sur les quartiers résidentiels d’Alep-Ouest, même si le Haut-Commissaire pour les Droits de l’Homme a rappelé que « les frappes aériennes indiscriminées du régime sur la partie Est de la ville par les forces gouvernementales et leurs alliés sont responsables de la très grande majorité des victimes civiles. » Les efforts pour mettre un terme à ces atrocités et tenir les auteurs de ces crimes pour responsables ont été bloqués à maintes reprises par la Russie, qui continue d’abuser de son pouvoir de veto au Conseil de Sécurité.

« Depuis bientôt six ans de conflit, près d’un demi-million de personnes ont été tuées et 11 millions ont été déplacés de force sur le territoire. »

L’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Steffan de Mistura, a affirmé que l’ONU ne peut pas laisser se produire « un nouveau Srebrenica, un nouveau Rwanda, et à moins que quelque chose ne soit fait, c’est malheureusement ce que nous acceptons de laisser se produire sous nos yeux. » Pourtant, rien n’indique que le blocage du Conseil de Sécurité touche à sa fin. Le gardien de la paix et de la sécurité internationales a manqué à la responsabilité que lui confie la Charte des Nations Unies, comme il a manqué à sa responsabilité de protéger le peuple syrien.

C’est pourquoi nous, coalition mondiale de 223 organisations de la société civile, appelons urgemment les Etats membres des Nations Unies à intervenir et demander une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée Générale de l’ONU pour exiger la fin de toutes les attaques illégales à Alep et dans le reste de la Syrie, et garantir l’accès humanitaire immédiat et sans entrave pour acheminer de l’aide tous ceux qui en dépendent. Les Etats membres devraient aussi considérer comment traduire en justice les auteurs de crimes les plus graves de droit international, quel que soit leur camp.

Nous saluons l’initiative du Canada cherchant à mobiliser l’Assemblée Générale de l’ONU, et nous exhortons tous les Etats membres à rejoindre les 73 pays, de tous les continents, qui la soutiennent déjà. Ces pays devraient travailler à une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée Générale le plus rapidement possible, tel que les Etats membres de l’ONU l’ont fait par le passé lorsque le Conseil de Sécurité était bloqué.

Nous appelons en particulier les 112 Etats signataires du Code de Conduite ACT « Responsabilité, Cohérence et Transparence », qui comprend un engagement pour soutenir « des actions opportunes et décisives » cherchant à prévenir ou mettre un terme à la perpétration de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, à soutenir cette initiative et promouvoir activement des actions robustes au sein de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

L’inaction ne peut pas être une option. Les Etats membres de l’ONU devraient faire usage de tous les moyens diplomatiques à leur disposition pour mettre un terme aux atrocités et protéger les millions de civils en Syrie. L’Histoire jugera sévèrement ceux qui ne se seront pas montrés à la hauteur de cette situation.

PARMI LES SIGNATAIRES

Human Rights Watch

Médecins du Monde

Amnesty International

Avaaz

FIDH

CARE International

Syria Charity

CCFD – Terre Solidaire

EuroMed Droits

Souria Houria

Syrian Network for Human Rights

 

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